Deutsch
Apprendre l’allemand en lisant : le guide pour francophones
Apprendre l’allemand en lisant quand on parle français : cas, place du verbe, faux amis, prononciation et un plan de lecture avec audio, des Grimm à Kafka.
L’allemand a mauvaise réputation chez les francophones, et elle n’est pas tout à fait volée : trois genres, quatre cas, et un verbe qui attend parfois la fin de la phrase. Mais vous partez avec des atouts que d’autres n’ont pas. Le ü et le ö existent déjà dans votre bouche, le r allemand ressemble au vôtre, et des dizaines de mots français vivent en allemand. Surtout, l’allemand se lit presque comme il s’écrit. C’est une langue qui s’apprend très bien en lisant.
Ce qui joue en votre faveur
- Des sons que vous possédez déjà. Le ü allemand est votre u (über, Tür), le ö est votre eu (schön, zwölf), et sch se prononce comme votre ch (Schule). Un hispanophone doit apprendre tout cela ; vous, non.
- Des mots venus du français. Restaurant, Garage, Balkon, Etage, Portemonnaie, Niveau, Cousin, Onkel, Tante.
- Des mots composés transparents. Handschuh, le gant, c’est la « chaussure de main ». Krankenhaus, l’hôpital, la « maison des malades ». Kühlschrank, le réfrigérateur, l’« armoire froide ». Devant un mot long, découpez-le.
- Une majuscule à chaque nom. Sur une page, vous repérez les noms d’un coup d’œil.
- Un temps du récit que vous connaissez. Les romans allemands sont racontés au Präteritum, un passé surtout écrit, comme votre passé simple.
Les faux amis à connaître
| En allemand | Signifie | À ne pas confondre avec |
|---|---|---|
| das Gymnasium | le lycée | le gymnase (die Turnhalle) |
| brav | sage (pour un enfant) | brave (mutig, tapfer) |
| der Rat | le conseil | le rat (die Ratte) |
| die Promotion | le doctorat | la promotion (die Beförderung) |
| der Kamin | la cheminée | le chemin (der Weg) |
| die Rakete | la fusée | la raquette (der Schläger) |
| die Blamage | la honte, le ridicule | le blâme (der Tadel) |
| die Chance | la possibilité, l’occasion | la chance (das Glück) |
Et les genres ne coïncident pas : der Mond (la lune) est masculin, die Sonne (le soleil) féminin, das Meer (la mer) neutre, comme das Mädchen (la jeune fille), car tous les mots en -chen le sont. Apprenez chaque nom avec son article.
Grammaire : là où le francophone trébuche
Les cas. L’article change selon la fonction du mot : der Mann, den Mann, dem Mann, des Mannes. En français, seuls les pronoms varient (il, le, lui). Pour le lecteur, l’article est un indice précieux : dans Den Hund sieht der Mann, c’est l’homme qui voit le chien, même si le chien vient en premier.
Le verbe en deuxième place, ou à la fin. Dans la principale, le verbe conjugué occupe la deuxième position : Heute gehe ich ins Kino, « aujourd’hui, je vais au cinéma ». Dans la subordonnée, il part à la fin : weil ich keine Zeit habe, « parce que je n’ai pas le temps ». Et le participe attend la dernière place : Ich habe das Buch gestern gelesen. En lisant, ne concluez pas trop vite : la phrase se ferme sur son dernier mot.
Les verbes à particule séparable. Anrufen (téléphoner) se coupe en deux : Ich rufe dich morgen an. La particule finale change le sens : fahren, rouler, aller en véhicule ; abfahren, partir ; ankommen, arriver.
Als ou wenn. Votre « quand » se divise en deux. Als sert pour un fait unique du passé, wenn pour ce qui se répète ou reste à venir, et aussi pour « si ».
Müssen nicht ne veut pas dire « ne pas devoir ». Du musst nicht kommen signifie « tu n’es pas obligé de venir ». L’interdiction se dit avec dürfen : du darfst nicht kommen, « tu ne dois pas venir ».
Prononciation : ce que l’oreille française doit travailler
- Le h se prononce. Hund (chien) n’est pas und (et). C’est la faute la plus typique des francophones.
- Deux sons pour ch. Dans Buch, un raclement au fond de la gorge ; dans ich, un souffle léger que le français ne connaît pas.
- Voyelles longues et brèves. Ofen (le four) et offen (ouvert), Staat (l’État) et Stadt (la ville) ne diffèrent que par la durée de la voyelle.
- Le e final se prononce. Schule a deux syllabes, Tasse aussi.
- L’accent tombe au début. Arbeit, lesen, Sonntag : la voix appuie sur la première syllabe, pas sur la dernière.
- Des lettres trompeuses. Z se dit [ts] (Zeit), w se dit [v] (Wasser), v se dit souvent [f] (Vater), ei se dit [aï] (Wein) et ie un i long (Wien). En début de mot, sp et st se prononcent [chp] et [cht] : Sport, Straße.
- Les consonnes finales s’assourdissent. Hund se prononce [hount].
Deux phrases, deux niveaux
A2. Ich habe heute keine Zeit, weil ich morgen eine Prüfung habe.
« Je n’ai pas le temps aujourd’hui, parce que j’ai un examen demain. » Keine nie un nom : c’est votre « pas de ». Après weil, le verbe conjugué part à la fin : habe. Et heute, morgen se placent tôt dans la phrase, là où le français les mettrait plutôt à la fin.
B1. Wenn du morgen keine Zeit hast, musst du nicht kommen.
« Si tu n’as pas le temps demain, tu n’es pas obligé de venir. » Wenn a ici le sens de « si ». Dans la subordonnée, le verbe hast passe à la fin. Comme la subordonnée occupe la première place, la principale commence par le verbe : musst du. Et musst nicht exprime l’absence d’obligation, pas l’interdiction.
Un plan de lecture avec audio
Hu et Nation (2000, « Unknown vocabulary density and reading comprehension ») ont montré que, pour comprendre seul un texte de fiction, il faut connaître environ 98 % de ses mots, soit deux inconnus sur cent. En allemand, mieux vaut donc commencer un peu plus bas que votre niveau supposé.
- Choisissez votre niveau. Les niveaux sont décrits sur notre page consacrée aux niveaux (en anglais).
- Commencez par des textes courts. Un conte par jour. La structure répétitive des contes fixe le Präteritum : war, ging, kam, sagte.
- Écoutez d’abord en suivant le texte. Vous entendrez où tombe l’accent et comment sonnent le h et le ch.
- Relisez en allant au bout de chaque phrase avant de toucher un mot. Souvent, le verbe ou la particule finale lève le doute.
- Notez les noms avec leur article. Die Tür, pas seulement Tür.
- Vingt à trente minutes par jour, et montez d’un niveau quand vous ne touchez presque plus rien.
Par où commencer
- Contes de Grimm : courts, connus, faits de phrases qui reviennent. Parfaits en A2. Beaucoup commencent par Es war einmal, « Il était une fois ».
- Heidi, de la Suissesse Johanna Spyri, écrit en allemand : le vocabulaire de la maison, de la montagne et de la ville. Très bien en B1.
- Le Robinson suisse, de Johann David Wyss : de l’aventure et beaucoup de vocabulaire concret.
- La Métamorphose, de Kafka : court et inoubliable, plutôt à partir de B2.
- Et pour une histoire que vous connaissez déjà, Le Tour du monde en quatre-vingts jours : connaître l’intrigue laisse toute votre attention pour la langue.
Comment Lexo vous aide
Lexo est une application pour iPhone et iPad qui réécrit des romans classiques dans la langue que vous apprenez, au niveau de votre choix, de A2 à C2. En allemand, avec des explications en français :
- Touchez n’importe quel mot. Vous voyez son sens dans cette phrase, sa forme de base et sa nature (kam : verbe kommen), le sens de l’expression dont il fait partie et la traduction de toute la phrase en français. Vous pouvez enregistrer des mots dans votre liste.
- Écoutez tout. Le livre entier est lu à voix haute, avec des voix différentes pour les personnages, et le texte se surligne mot à mot. Chaque mot peut aussi s’écouter seul.
- Phrase par phrase. Une seule phrase, avec son audio et sa traduction, pour démêler les phrases longues.
- Votre niveau, livre par livre. A2, B1, B2, C1 (proche de l’original, légèrement condensé) ou C2 (le roman intégral).
- Premières éditions. Si vous êtes le premier à demander un livre en allemand à votre niveau, Lexo écrit cette édition pour vous : le premier chapitre est prêt en quelques minutes, la suite arrive pendant votre lecture, et vous gardez une mention datée « Première édition ».
- Hors connexion, sans compte. Les achats passent par votre identifiant Apple.
Lexo est en version bêta et arrive bientôt sur l’App Store. Inscrivez-vous pour être prévenu du lancement, découvrez la page d’accueil de Lexo en français ou, si vous lisez l’anglais, consultez notre guide général pour apprendre l’allemand en lisant.
Questions
Faut-il maîtriser les déclinaisons avant de lire en allemand ?
Non. Il suffit de savoir qu’elles existent et de reconnaître les articles. En touchant un mot, vous voyez sa forme de base et sa nature, et la traduction de la phrase vous confirme qui fait quoi. C’est la lecture répétée qui rend les terminaisons familières.
Quel niveau choisir ?
Celui où vous suivez l’histoire en touchant peu de mots par page. Si vous vous arrêtez à chaque phrase, descendez d’un niveau ; si vous ne touchez presque rien, montez. Vous pourrez acheter plus tard un autre niveau du même livre.
Les explications sont-elles en français ?
Oui. Le sens de chaque mot dans sa phrase, l’expression dont il fait partie et la traduction de chaque phrase s’affichent en français. L’interface de l’application est aussi en français.
Combien coûte Lexo ?
Les prix prévus au lancement sont de 4,99 dollars américains par livre (un roman, dans une langue, à un niveau) et de 1,99 dollar pour un autre niveau d’un livre que vous possédez déjà. Lexo Plus coûte 4,99 dollars par mois et donne deux crédits mensuels, cumulables jusqu’à huit. Le prix dans votre pays dépend de l’App Store.
Peut-on lire sans connexion ?
Oui. Les livres et leur audio se téléchargent sur l’appareil. Lexo fonctionne sur iPhone et iPad avec iOS 18 ou une version ultérieure ; l’application est en version bêta et arrive bientôt sur l’App Store.